Le Airbnb chinois veut loger ses compatriotes en voyage à Paris

Malgré les attentats, les touristes chinois continuent de rêver à la France… Selon le comité régional du tourisme (CRT) d'Ile-de-France, le nombre de voyageurs en provenance de l'ex-empire du Milieu a bondi de 49% en 2015, à 1,2 million d'arrivées. Les statistiques indiquent que le nombre d'arrivées des touristes chinois a été multiplié par 2,3 entre 2009 et 2014, pour avoisiner alors 1,7 million.
L'alter ego chinois de AirbnbTujia.com,  veut  en profiter ! Et étendre ses activités à l'échelle planétaire. Valorisé à un milliard de dollars, Tujia, vise désormais Paris. Si Melissa Yang, la co-fondatrice de Tujia, explique vouloir  «une expansion durable dans le sud de l'Asie», le lieu favori des touristes chinois, elle avoue également étudier une installation progressive à Paris. L'offre va s'adapter aux habitudes de voyage des Chinois et cela va se traduire par une explosion du nombre de propriétaires inscrits sur la base de données du groupe. La Présidente Melissa Yang évoque une augmentation de 60% du réseau actuel, faisant passer le nombre d'appartements à 500.000. Cette progression permet à Tujia d'atteindre le milliard de dollars de valorisation, encore bien loin de son concurrent américain Airbnb, estimé en juin dernier à 25,5 milliards de dollars, mais tout près du géant mondial de l'hôtellerie, Hilton.

Rêves de grandeur

Une arrivée de Tujia à Paris représenterait un marché immense. En 2013, 1,7 million de visiteurs chinois s'étaient rendus dans la capitale française et  plus de 100 millions de Chinois devraient parcourir le monde d'ici 2020, la France restant toujours une de leurs destinations de prédilection. Melissa Yang confirme que s'ouvrir à l'Hexagone est dans la logique du groupe, «les voyageurs se dirigeant de plus en plus vers des alternatives à l'hôtel, trop coûteux». Au delà de la perspective économique, Tujia fonde aussi sa force sur des services supplémentaires à ceux proposés par Airbnb. Un ménage complet de l'appartement loué est notamment proposé pour que le client ne soit pas obligé de s'y atteler et que le propriétaire n'ait pas de mauvaise surprise à son retour. Cependant, une telle arrivée à Paris entraînerait des complications réglementaires. Pour le moment, en Chine, Tujia.com prend à sa charge l'ensemble des taxes supplémentaires imposées aux loueurs mais ne serait pas disposé à en faire autant à Paris ou à Los Angeles. Une réticence qui pourrait constituer une barrière aux ambitions de la start-up . Des rêves de grandeur qui devraient être suivis de près dans les prochains mois, par Airbnb comme par les autorités.

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