Dit de la force de l’amour, Paul Eluard

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Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d’être libre et je te continue.

Paul Eluard

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Paul Eugène Grindel, dit Paul Éluard,  est l’un des papes du surréalisme. Eluard est né en 1895 à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne. C’est un poète de l'avant-garde et ami des cubistes, dadaïstes. Les premières années de sa vie sont marquées par la maladie et les visions d'horreur de la guerre. Il rédige quelques poèmes témoignant du rejet de la haine et de la terreur. A la fin du conflit, il fréquente André BretonAragonSoupaultTzara... D'abord adepte du mouvement Dada, il devient un adepte du surréalisme. Au sein du groupe, il réalise bon nombre de ses poèmes autour du thème de l'amour (Capitale de la douleur, 1926). En 1938, Eluard se dégage du surréalisme pour intégrer le Parti communiste. Sa poésie se veut alors plus engagée et, durant la seconde guerre mondiale, il affiche sa résistance (Poésie et Vérité, 1942). Poète humaniste militant contre l'injustice, la haine et l'horreur et prônant l'amour dans un vers fluide et profond, Eluard s'éteint en 1952.

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Paul Éluard né le 14 décembre 1895, mort le 18 novembre 1952 à Paris

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