L’Opéra de Paris mène grand train !

L’Opéra sans compter… ou quand la Cour des Comptes fait valser l'Opéra de Paris... avec les folles dépenses des dirigeants de l'Opéra national. Dans un rapport  portant sur la période 2005-2014, la Cour des Comptes épingle les frais trop nombreux qui contribuent à fragiliser l'équilibre financier de l'Opéra. Passage en revue.

  • Près de 100.000 euros de frais de taxis…

L'établissement disposait d'un contrat avec les taxis G7 jusqu'en 2014, puis avec les Taxis Bleus. Entre 2011 et 2014, «le montant des dépenses annuelles est en augmentation et d'un niveau élevé, légèrement inférieur à 100.000 euros en 2013 et 2014», fait remarquer le rapport. Le recours aux taxis était pourtant limité à une dizaine de bénéficiaires parmi les directeurs. Plus grave, selon le rapport: l'un d'entre eux bénéficiait au même moment d'un véhicule avec chauffeur…Consciente des dérives, la direction a alerté ses collaborateurs dès 2014. «Depuis 2015, les relevés détaillés des courses sont fournis par la société prestataire, par bénéficiaire, et ils sont systématiquement contrôlés avant paiement», se défend dans un courrier l'actuel directeur général de l'établissement, Stéphane Lissner.

  • …et des voitures de fonction

La Cour des comptes remarquait que quatre dirigeants (le directeur général, le directeur adjoint, la directrice de la danse et le directeur des ressources humaines), disposaient d'un véhicule de fonction sur la période étudiée. Dans les deux derniers cas, il s'agissait même de clauses figurant dans leurs contrats de travail. Depuis 2014, ce n'est plus le cas. Enfin presque. Pour une raison indéterminée, seulBenjamin Millepied, a continué à en bénéficier jusqu'à son départ en février 2016. Il disposait également d'un chauffeur. Depuis, la situation a été régularisée: «le dernier véhicule de fonction, dont disposait le directeur de la danse, a été supprimé. Il n'y a plus, à l'Opéra de Paris, de véhicule de fonction», assure Stéphane Lissner.

oppp

  • Plus de 52.000 euros pour des frais de bouche

Quatre responsables au sein de l'Opéra national de Paris disposent d'une enveloppe pour les «frais de représentation». Parmi eux, le directeur, le directeur adjoint, le directeur de la danse et le directeur musical. Ces frais, qui sont constitués essentiellement de frais de bouche, se sont élevés en 2014 à 52.413 euros. Les frais de réception sont d'un montant plus élevé: 175.222 euros hors taxe, souligne le rapport. Ils ont été consacrés «aux réceptions à l'occasion des premières et des entractes des nouvelles productions, au départ des danseurs étoiles, à la remise de fleurs à l'issue des représentations et aux relations publiques dans le cadre du lancement des saisons».

  • Un réaménagement de bureaux à près de 56.000 euros

Selon le rapport de la Cour des comptes, 55.906 euros de dépenses ont été réalisées au profit du nouveau directeur et de son assistante, dans les sites de Garnier et Bastille. «Les dépenses dans les quatre bureaux concernés ont porté sur le changement de moquette, des travaux de peinture et l'achat de meubles courants».

  • Mais surtout des charges de personnel en hausse de 23,5%

Plus que ces frais annexes, les Sages concentrent leurs critiques sur la masse salariale qui représente 70% des dépenses de l'établissement. La direction n'est pas encore parvenue à la stabiliser ce qui «obère de ce fait ses marges de manœuvre financières dans un contexte de baisse des subventions de l'État», s'inquiètent-ils.

op rta

L'Opéra national de Paris, dont l'activité est répartie entre le palais Garnier et l'opéra Bastille, compte 1750 agents dont les conditions d'emploi sont définies par «une convention collective spécifique à l'établissement et une soixantaine d'autres textes conventionnels qui mériteraient une consolidation», souligne le rapport. Depuis 2008, la direction applique une réduction de ses effectifs, en procédant au gel des postes vacants essentiellement dans les directions administratives et techniques. Mais malgré cela, la rémunération des agents a progressé «de manière assez significative» au cours de la période examinée. Les charges de personnel ont ainsi connu une hausse de 23,5 % entre 2005 et 2013. Les causes sont multiples: un taux d'encadrement très élevé et une ancienneté en progression au cours des dernières années, une accumulation de primes (prime de fin d'année, prime d'intéressement, primes exceptionnelles…) et d'indemnités «aux fondements juridiques incertains» ainsi qu'un nombre de services annuels réalisés par certains agents parfois inférieur à celui dû.

Dans sa réponse, adressée à la Cour des Comptes, Stéphane Lissner reconnaît que «la maîtrise de la masse salariale est un objectif majeur». Il explique toutefois que «l'exercice est particulièrement difficile, compte tenu des règles conventionnelles existantes qui, mécaniquement, induisent une augmentation importante de la masse salariale, indépendamment des décisions de gestion susceptibles d'être prises».

 

http://www.ccomptes.fr/Accueil/Publications/Publications/L-Opera-national-de-Paris

Laisser un commentaire