Une tigresse à la FIAC... Vulgaire !

Par moment, moi la Parisienne, par un snobisme inversé, j’aime éviter certains événements incontournables. Alors qu’est ce qui m’a pris cette année d’aller à la FIAC ? Sûrement ce bel après-midi d'automne, avec sa palettes de couleurs sauvages, qui m’a rappelé le fameux salon des Indépendants. Se confronter à la création contemporaine c’est mesurer son degré de conformisme et d’embourgeoisement. Deux mots qui dans mon glossaire sont particulièrement offensants! Pour vous rassurer toutes et tous, je ne suis pas une de ces impostures qui se voudrait spécialiste de l’Art contemporain...Par ailleurs, le terme spécialiste pour l’art contemporain ne peut avoir du sens. La matière est si vivante, fugace et polymorphe, alors comment en être une "spécialiste" ? Il faudrait que je sois un jour éclairée sur cette question par ceux qui appartiennent à ce clan des « happy few »…
Cet après-midi -là pardi, je devais redevenir l’enfant qui s’émerveillait de la nouveauté et qui était sans préjugé. Deux heures plus loin l’enfant Yasmine était enchanté par son tour de manège : Il y a plusieurs raisons à cet enthousiasme. J’ai autant admiré la création sur les murs que sur les hommes. J’ai ressenti un grand élan d’espoir en l’intelligence des hommes, par ses temps si sombres. J’ai été frappée par cette capacité des artistes à capter nos sociétés. Une mention pour l’œuvre Monster Pink de la sculptrice Coréenne Lee BUL (je n’aime pas distinguer les deux Corées un autre non-sens fruit du monstrueux XXème siècle). Une sculpture qui m’a instantanément rappelé l’obscénité et la vulgarité érigées en gloire contemporaine par notre culture de télé réalité et de selfies. C’est amas de corps de porcelets roses valide la citation: « L’amour c’est l’infini à la portée des caniches… » J’ai ressenti le même dégoût devant les fautes de syntaxes et les tatouages sur des corps soumis aux UV en cabine, et passablement chargés en silicone, des émissions de la télé réalité française.
Cette œuvre symbolise le mix entre « l’amour est dans le pré » -cette pile porcine-, et « Secret Stroy » -l’enchevêtrement sans grâce et cru des corps…

J’ai été enchantée par une délicate fantaisie chinoise : une émotion fine et altière devant l’estampe de facture faussement classique à l’encre de Chine de Yang JIECHANG« Tale of 11th Day ». Les détails du bestiaire sont renversants et poétiques. Une tigresse qui allaite des herbivores, des étreintes et autres accouplements inter-espèces plus surprenants les uns que les autres. Une ode est composée à travers cette œuvre à l’étrangeté et à la réconciliation des impossibles. Une allégorie de l’amour, non plus incompris par les caniches, mais de celle qui permet d’accueillir naturellement les différences. Une fresque au message singulièrement christique qui nous parvient de l’Orient extrême. Et si la Renaissance et la Civilisation se levaient de nouveau à l’Est ….

Par Yasmine Valipour

 

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