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La Philharmonie de Paris, une salle aérienne pour toutes les musiques

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Une salle de rêve ou un rêve de salles ? Les critiques ne savent plus… Mais la Philharmonie de Paris appartient désormais au paysage de la capitale. Une salle follement ambitieuse, pour toutes les musiques. « Une salle aérienne aux allures de vague, de falaise », selon Aurélien Tonet. "Paris n'était pas au niveau de Londres, Berlin, Rome et autres capitales, en passant par les Etats-Unis, l'Asie et les pays du Golfe", rappelle son président, Laurent Bayle. La construction de la salle a bénéficié des meilleurs acousticiens mondiaux, le Néo-Zélandais Harold Marshall et le Japonais Yasuhisa Toyota. Elle a coûté une fortune, près de 400 millions d’euros. Une folie en effet, un projet de trente ans lancé par François Mitterrand et porté par le grand musicien Pierre Boulez.

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Au sein du Parce de la Villette, dans le nord de Paris, en bordure du périphérique, voilà le chef d’œuvre. Son architecte, Jean Nouvel, a coiffé son toit de milliers d’oiseaux métalliques. A l’intérieur, dans l’auditorium, il a dessiné de grands nuages, pour mieux faire vibrer et circuler les sons ; sur certaines parois figurent les frondaisons des arbres alentour. Ses balcons suspendus évoquent des "nappes immatérielles de musique et de lumière", selon Jean Nouvel. Le violoniste Gilles Henry a été "ébloui" par la transparence du son. La flûtiste Florence Souchard-Delépine évoque "un son aérien, avec en même temps beaucoup de matière; on entend bien les graves, les aigus, les timbres : les définitions sont parfaites". L'Orchestre de Paris dispose enfin de son écrin magnifique, même s’il râle de devoir essuyer les plâtres.. Cet ensemble est le "centre Pompidou de la musique", disent les parisiens qui s’y pressent déjà. « Partout dans la Philharmonie surgit l’ambition d’en faire le bâtiment du Grand Paris, la tour sentinelle du pharaonique projet d’aménagement de l’agglomération », écrit Eric Loret. Mais organiser des concerts de classique - genre au public très marqué CSP + - dans une zone populaire a quelque chose d’un défi. Laurent Bayle, président de la Philharmonie, cite l’exemple du Parco Della Musica romain, relativement excentré. Il refuse de voir le nord-est parisien comme une zone désertée mais comme «un espace à fort potentiel de développement commercial et immobilier».

 

Quelque 500 musiciens "habiteront" cette nouvelle maison de la musique, qui offre 6 salles de répétition, 10 studios de travail, un café, un restaurant, des bars, des ateliers pédagogiques et un espace d'exposition. Pour Laurent Bayle, « la Philharmonie ne se veut pas seulement une salle de concert, mais un lieu de réappropriation de la musique par le public. Elle devrait surpasser toutes les autres salles Celui-ci pourra marcher partout dans le bâtiment, même sur le toit ! »   Voilà le rêve que formule l’équipe de la Philharmonie : accueillir jeunes et vieux, décomplexer les publics que l’on dit « éloignés », pour des raisons socioculturelles. «C’est la dimension citoyenne de la Philharmonie. Partager des goûts, s’ouvrir à de nouvelles sonorités, faire ensemble. C’est un rapport à l’altérité »,estime Marie-Hélène Serra, qui dirige le projet éducatif de la Philharmonie.  « La rencontre entre l’œuvre et le public ne doit pas se limiter au seul moment du spectacle. Ce n’est pas simplement : j’achète, j’y vais, je pars. Il y a l’avant et l’après. »

 

Le soir de l’inauguration, le 15 janvier, 8 jours après l’attaque du journal Charlie Hebdo, l’atmosphère était grave. François Hollande apparaît très sombre face au large public et au  tout-Paris politique, de Nathalie Kosciusko-Morizet  à Jack Lang, de Jacques Toubon à Frédéric Mitterrand ou Bertrand Delanoë. «C'est la culture que les terroristes veulent atteindre parce qu'elle est insolente, libre», déclare le Président de la Répulique. «Mais la tentative est vaine. On peut tuer des hommes et de femmes, mais on ne peut tuer leurs idées.» Une déclaration solennelle qui touche juste. Et de citer Cervantes: «Là où il y a de la musique, il n'y plus de place pour le mal». Applaudissements généreux dans ce climat d’unité nationale qui soude les français. La violoniste Anne Gravoin accompagne son mari le Premier ministre Manuel Valls. Claire Chazal embrasse Stéphane Lissner, le nouveau directeur de l'Opéra de Paris . Laurent Bayle, patron de la Philharmonie, salue le compositeur Pierre Boulez qui n'a pu être présent pour raison de santé et aura été l'initiateur de ce vaisseau de la musique. Anne Hidalgo, la maire de Paris, déclare que «l'art est l'expression de notre dignité et notre liberté. Si nous sommes un peuple, nous le devons à l'art.»Un absent de marque, Pierre Boulez qui manifeste sa mauvaise humeur liée au retard des travaux.

PHILARMONIE 8philharmonie 2 -inauguree-le-14-janvier-2015_aLes sallesLa Philharmonie 1 : 2 400 places assises ; 3 650 places en configuration frontale, avec un public mixte (assis et debout). La distance maximale entre le chef d’orchestre et la place la plus éloignée est de 32 mètres. Par ailleurs, il y a 22 mètres de hauteur sous plafond.

La grande salle de répétition 1 : située au rez-de-chaussée de la Philharmonie 1, ouverte sur le parc de La Villette, accueillera de grandes formations orchestrales avec ou sans chœur. Grâce à un système de gradins rétractables, elle peut accueillir 250 spectateurs. Il s’y tiendra également conférences, rencontres ou concerts avec des formations réduites.

La salle de conférence : 200 places. Elle accueillera notamment tous les cycles proposés par le Collège de la Philharmonie de Paris (concerts de chambre et conférences).

La Cité de la Musique, rebaptisée Philharmonie 2 : 1 000 places assises et 1 500 places en configuration mixte

1 270 représentations de janvier à juin 2015 : 70 concerts de musiques actuelles, jazz, musiques du monde. 50 concerts à destination des familles participatives et du jeune public. 150 concerts de répertoires baroque, classique et contemporain.

 

Sélection de spectacles La nuit du raga, le week-end du 30 janvier (10-25€). Chilly Gonzales et le Kaiser Quartett, les 24, 25 & 26 mars (30€). Staatskapelle de Berlin, D. Barenboïm et M. Argerich le 23 avril (10-120€). Bernard Haitink et l’Orchestre Symphonique de Londres, 16 juin (10-70€) Bach par John Eliot Gardiner, le week-end du 3 avril (10-75€). Berlin, années folles, Ute Lemper l’Orchestre de Paris,18 avril (10-40€)

Les week-ends de la Philharmonie : Moments privilégiés de la programmation, les week-ends de la Philharmonie s’articulent autour de thèmes originaux et accessibles pour les enfants et leurs parents. L’Inde, le Merveilleux ou la Comédie musicale sont abordés au travers de concerts en famille, de concerts participatifs en famille, de spectacles jeune public et d’ateliers de pratique musicale. Le Musée de la musique complète ces propositions avec des expositions temporaires, des concerts-promenades, des visites en famille, des contes au Musée ou des visites-ateliers (à partir de 4 ans chaque week-end ou durant les vacances scolaires de la zone C — hors vacances d’été, excepté pour balade autour d’un instrument).

Des concerts sur le web :

Les concerts de la Philharmonie seront retransmis en direct et en différé (50 nouveaux concerts par an disponibles au moins quatre mois) sur Philharmonielive.tv. Le site sera enrichi par de nombreux entretiens avec des musiciens et des musicologues, des captations de conférences et de débats ainsi que des reportages autour des thématiques de la saison.

Il permettra aussi d’accéder aux archives audiovisuelles de la Cité de la musique et de la Salle Pleyel, soit près de 550 concerts. Ces contenus seront aussi disponibles sur applications mobiles et tablettes.

http://www.philharmoniedeparis.fr/

Adresse : 221 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris

Tel :01 44 84 44 84

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