Un Musée Picasso réinventé dans le Marais : allez-y !

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C’est le point d’orgue d'une semaine artistique exceptionnelle à Paris ! Après le lancement de la FIAC et l'inauguration de la Fondation Louis Vuitton, voici l'ouverture ce weekend du fabuleux musée Picasso. Au cœur du Marais, le nouveau rendez-vous des arts de la capitale rassemble quelques 5 000 œuvres, peintures, sculptures, dessins et gravures. Le Musée est "un endroit magique avec des volumes extraordinaires vraiment adaptés à l'œuvre du peintre", affirme Laurent Le Bon , son directeur. "Je ressens la même chose que des millions de gens qui ont envie de retrouver Picasso", confie Olivier Picasso:"Mon grand-père retrouve sa maison. C'est un jour de renaissance ! Quand on entre dans le musée aujourd'hui, on a une impression de lumière que je n'avais jamais ressentie. C'est véritablement  une œuvre ouverte sur l'extérieur", ajoute le petit-fils du peintre.

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C’est la plus importante collection Picasso publique au monde : elle a bénéficié de 2 donations, celle des descendants de Picasso en 1979, et des héritiers de Jacqueline Picasso en 1990. D’autres ensembles exceptionnels sont venus la compléter, dont une cinquantaine de tableaux de maîtres anciens et modernes du peintre, ses archives personnelles, et de nombreux autres dons. « Picasso a bâti notre monde. Il a fait advenir au premier plan ce qui a été déconsidéré ou considéré comme une culture populaire. Picasso croise la culture populaire et la haute culture. C’est ça, sa grande révolution », assure Anne Baldassari, celle qui connaît le mieux l’œuvre de l’artiste, et qui a « accroché » les toiles.

Il a fallu 5 années de travaux de rénovation et d’agrandissement, et beaucoup de tracas… Le musée national Picasso-Paris rouvre ses portes au grand public à une date symbole, le 25 octobre, date de l’anniversaire du peintre.

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L'Hôtel Salé a fait l'objet d'une évolution formidable conduite par l'architecte Jean-François Bodin et Anne Baldassari, précédente directrice: climatisation enterrée dans le jardin, bureaux dans un immeuble mitoyen, combles et caves transformés en lieux d'exposition, hall d'accueil créé dans les anciennes écuries. Les espaces ont plus que doublé, passant de 2300 m2 (dont 1600 m2 d'exposition) à 5000 m2 (dont 3.600 m2 d'exposition), et la circulation a été optimisée. "Il y a beaucoup de fluidité dans le parcours", souligne Laurent Le Bon.

Malgré son limogeage cet été dans des conditions rocambolesques, l’ancienne maîtresse des lieux Anne Baldassari a finalement conçu l’exposition d’ouverture inaugurée par le président François Hollande. Un accrochage « sans aucune concession et d’une liberté absolue » et une réinterprétation de l’œuvre picassienne pour le XXIe siècle. Le musée dispose aussi enfin d’une grande salle dédiée à la période « africaine ». « J’ai fait ici quelque chose que je n’ai jamais fait, dit Anne Baldassari. Picasso croise la culture occidentale et les cultures extra-occidentales : l’art africain ou océanien. Il était absolument ouvert. Il n’y avait pas de haute culture pour lui. Il a tout transformé et tout mis dans son œuvre. Picasso utilise la carte postale, la photographie, la presse, le cinéma, il est ouvert sur les nouveaux médias dès le début du siècle. Il fait monter au premier rang les dessins d’enfant, l’art brut, des ex-voto. C’est ça, la révolution Picasso ».

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Trois circuits de visite ont été conçus, dont un parcours magistral sur trois niveaux retraçant l'ensemble de l'œuvre jusqu'en 1972. Les combles sont dédiés à une "confrontation entre Picasso et ses artistes de prédilection", modernes ou contemporains, tels Cézanne, Degas, Matisse, Braque ou Le Douanier Rousseau. Dans les caves, sont évoqués les différents ateliers du maître, et à travers eux son processus de création.

"Monochromies", "Primitivisme", "Cubisme", "Peintures de guerre"... Les "séquences" et les 37 salles au décor minimaliste s'enchaînent, et avec elles les chefs-d'œuvre: l'Autoportrait sur fond bleu (1901), La Célestine (1904), tenancière d'une maison close de Barcelone qui symbolisait pour Picasso la peinture-prostituée, Trois figures sous un arbre (1907-1908).

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Plus loin, la Nature morte à la chaise cannée (1912), Paul en Arlequin (1924) inspiré par Velasquez, Goya et Manet, La Danse villageoise (1922), en hommage à Renoir, l'Homme au chapeau de paille et au cornet de glace (1938), portrait de Van Gogh en réponse à Goebbels qui prône la stérilisation des artistes modernes, Femmes nues à leur toilette (1937-38), le plus grand collage de Picasso, réalisé avec des chutes de papiers peints de Guernica. Allez-y, découvrez, rêvez, c’est magique en effet, et c’est à Paris !

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http://www.museepicassoparis.fr/

http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20141024.OBS3155/ne-cherchez-pas-allez-au-musee-picasso.html

http://www.huffingtonpost.fr/2014/10/24/musee-picasso-ouverture-visite-virtuelle-images_n_6043332.html

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